Les films partie 2

Je sais que je m’étais arrêtée dans le précédent article sur un suspense absolument insoutenable (ou pas) et le climax va désormais être désamorcé dans les lignes qui vont suivre ! Nous allons donc parler de la reconnaissance du cinéma coréen à l’international, bien loin des kino-dramas de 1919.

Mais d’abord, petite introduction ~ Alors, pour être en mesure d’égaler les films américains déferlant sur le monde, l’industrie sud-coréenne a mis l’accent sur la qualité des productions, en privilégiant les scénarios et en variant les genres. (ils ont bien fait, le nombre de tickets vendus ainsi que les profits générés ont doublé en 2001 et 2007 !).

Les dramas ont également grandement contribué à l’industrie cinématographique. En effet, devant la popularité de ces derniers (Winter Sonata (2002) par exemple), la demande pour les films coréens a augmentée. Par conséquent, lorsque les premières sociétés spécialisées dans les ventes internationales se sont lancées dans les années 2000, les exportations de productions coréennes ont augmenté de manière fulgurante. My Sassy Girl, April Snow, A Moment to Remember ou encore Shiri sont extrêmement populaires en Asie.

C’est à cette époque que les films coréens deviennent viables sur le plan commercial non seulement sur le marché domestique, mais également sur les marchés régionaux. Une nouvelle génération de réalisateurs (Park Chang Wook, Kim Ji Woon, Kim Ki Duk, Bong Joon Ho, Hong Sang Soo, Lee Chang Dong…) commence alors à se faire connaître en Europe et aux États-Unis.

Et là nous entrons dans le vif du sujet ! En effet, la période d’entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2000 est considérée comme une période de renaissance pour le cinéma sud-coréen (notamment parce que les mangeurs d’escargots que nous sommes et nos voisins mafieux en ont entendu parler ~).

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Prix reçus par des films coréens

Ceci est notamment dû aux différents festivals projetant les films sud-coréens (et par la qualité de ces derniers, il va sans dire). En effet, c’est à cette période que les premiers festivals internationaux dédiés aux films voient le jour. En Corée, le Festival International du Film de Busan (BIFF) est lancé en 1996 afin de faire connaître de nouveaux réalisateurs asiatiques ; il s’agit du premier de Corée.

Petite histoire européenne : La Mostra de Venise est le plus ancien festival cinématographique du monde et sa première édition s’est tenue en 1932. A l’origine créé pour le concurrencer, le Festival de Cannes (le Festival international du film jusqu’en 2002) a été fondé en 1946. Ce sont les deux festivals les plus connus au monde.

Pour revenir au BIFF (décidément, ce nom me faire rire), 173 films de 31 pays sont présentés lors de la première édition de 1996. En 2012, ce sont 304 films de 75 pays et le BIFF est considéré comme le plus important festival international du film en Asie.

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Photos prises lors de l’édition 2013 du BIFF

D’autres festivals internationaux majeurs ont lieu en Corée, comme le Festival international du film fantastique de Puchon (PiFan) lancé en 1997 et le Festival du film international de Jeonju (JIFF) lancé en 2000 qui s’intéresse surtout aux films indépendants.

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Affiche française de Old Boy

De plus, des distributeurs américains comme Warner Bros, MGM et Dreamworsks commencent à racheter les droits des films coréens à succès pour en faire des remakes (*tousse*). Nous pouvons citer des films comme Sympathy For Lady Vengeance (2005), The Host, Addiction (2002), My Sassy Girl (2001), A Tale of Two Sisters (2003) et, plus récemment, Old Boy (sorti en 2003 et dont le remake est de 2013).

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Bi Rain dans Speed Racer – la virilitééé –

A la même période, des acteurs coréens font leurs débuts à Hollywood : l’acteur Rain est choisi en 2008 pour un rôle dans Speed Racer des Wachowski (ceux qui ont fait Matrix) et décroche le rôle principal de Ninja Assassin de James McTeigue en 2009.

 

 

 

 

L’actrice Jun Ji Hyun (My Love From Another Star) tourne dans Blood : The Last Vampire (2009) de Chris Nahon.

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Jun Ji Hyun dans Blood : The Last Vampire

L’acteur Jang Dong Gun tourne dans The Warrior’s Way (2010) de Lee Songmoo. Malheureusement, tous ces films sont des échecs commerciaux et critiques.

Bien heureusement, une carrière américaine n’est pas vouée à l’échec pour les acteurs coréens. Nous pouvons citer Lee Byung Hoon qui a été l’un des rares acteurs coréens à avoir une carrière à Hollywood, notamment en s’illustrant dans des films tels que G.I. Joe – Le réveil de Cobra (2009), Red 2 (2013), G.I. Joe : Conspiration (2013) ou encore Terminator Genisys (2015) (Même si beaucoup de ses rôles sont stéréotypés).

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Lee Byun Hoon dans Terminator Genisys

Nous pouvons aussi citer Bae Doo-Na (God of Study – 2010) pour sa performance dans le Cloud Atlas des Wachowski (2012) qui a été bien accueillie par la critique.

Allez, deux derniers pour la route : Choi Min Sik (Old Boy – 2003 et Lucy – 2014) ainsi que Lee Ki Hong (Le Labyrinthe – 2014 et sa suite en 2015).

Retour à la politique : en 2006, suite à un accord avec les États-Unis, le gouvernement sud-coréen décide de réduire le nombre de jours pendant lesquels les salles de cinéma sud-coréennes sont tenues de diffuser des productions locales (établi en 1993). On passe donc de 146 jours à 73. Pour la plupart des professionnels du cinéma, ce contingent est vu comme l’une des raisons principales du développement de l’industrie cinématographique nationale depuis 1998. C’est pourquoi cette décision suscite des manifestations.

Re-petite histoire européenne : Dans les années d’après-guerre (1946-47), les États-Unis et la France signent les accords Blum-Byrnes (qui se situe dans le plan Marshall américain, visant à donner un soutien financier à l’Europe.) Et ces accords Blum Byrnes obligent les exploitants de salles à projeter des films français durant 5 semaines. A l’époque, ça a beaucoup râlé (parce que les français sont des râleurs, qu’importe les époques) mais on pense aujourd’hui que ça a permis de sauvegarder notre patrimoine filmique (car, vu que les films américains étaient interdits pendant la guerre, il y a eu une avalanche de films américains sur les écrans français à la fin de celle-ci).

Retour au pays du bulgogi : en 2006, la vente des tickets rapporte le chiffre record de 954 millions de dollars et la part des films coréens atteint 64%.

Appâtées par cette nouvelle rentabilité du cinéma coréen, de nombreuses sociétés de production voient le jour et 100 films sont produits en 2006, d’une qualité très inégale (on est loin des 5 films produits en 1950).

Les coûts de production ont également augmenté de manière drastique, ce qui a généré une baisse du retour sur investissement (en gros, ce sont les sous qu’ont les producteurs quand tous les frais engendrés par le film ont été payés).

Par conséquent, en 2006, les ventes à l’étranger ont enregistré une baisse de 70% par rapport à l’année précédente. Les ventes au Japon ont également diminuées de 83%.

Cette période de stagnation a cependant pris fin en 2012, année record pour le cinéma coréen.

En effet, 195 millions de billets ont été vendus en 2012, soit une hausse de 22% par rapport à 2011. C’est le plus grand nombre de billets vendus en une année de toute l’histoire de l’industrie du film en Corée du Sud (je sais pas, c’est peut-être dû au fait que les mayas avaient prédit NOTRE IRRADICTION TOTALE. -pardon je sors-).

The Thieves (Choi Dong Hoon) et Masquerade (Choo Chang Min) ont été les deux plus gros succès de l’année, en attirant chacun plus de 10 millions de spectateurs.

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The ThievesMasquerade

On peut voir quand même la différence entre un film d’action contemporain et un film historique.

Pour la première fois depuis 2008, les exportations de films dépassent la barre des 20 millions de dollars.

En 2013, trois réalisateurs sud-coréens reconnus ont tourné un film en anglais :

  • Park Chan Wook avec Stoker avec Nicole Kidman, Mia Wasikiwska et Matthew Goode.

C’est un drama familial qui dépeint la relation ambiguë entre India, une jeune fille de 18 ans qui vient de perdre son père, et de son oncle Charlie. Park Chang Wook l’a réalisé en ne parlant pas un seul mot d’anglais.

D’ailleurs, ce réalisateur est connu pour son humour décalé, son style surréaliste et sa noirceur d’âme. Il a notamment un grand intérêt pour le film Sueurs Froides d’Alfred Hitchcock.

Autres films :

Old Boy (2003) – Grand Prix de Cannes de 2004

I’m a cyborg but that’s OK – 57e Berlinale 2007 – Prix Alfred Bauer

Thrist – Festival de Cannes 2009 – Prix du Jury ex-æquo

https://www.youtube.com/watch?v=JNpDG4WR_74

  • Boon Joon Ho avec Snowpiercer avec Chris Evans (oui, Captain America, vous avez bien lu), Song Kang Ho, Jamie Bell, John Hurt, Tilda Swinton, Octavia Spencer et Ed Harris.

Ce film est produit par Park Chan Wook. C’est une adaptation de la bande dessinée Le Transperceneige de Jacques Lob et Jean-Marc Rochette. Dans ce film de science-fiction, après qu’une ère glaciaire a totalement dévasté la planète, les derniers survivants sont enfermés dans le Snowpiercer, un train qui roule éternellement.

Autres films :

The Host (2006) –Vu par 10 millions de gens (record) – Présenté à Cannes

Memories of Murder (2003)

https://www.youtube.com/watch?v=dTYz-jXdhJs

  • Kim Ji Woon avec The Last Stand avec Arnold Schwarzenegger (rien que ça).

Dans ce film, le shérif (Schwarzy) d’une petite ville et son équipe inexpérimentée tâchent d’empêcher la fuite du chef d’un cartel de la drogue au Mexique.

Autres films :

Le Bon, La Brute et le Cinglé (2008)

2 Sœurs (2003)

J’ai rencontré le Diable (2010)

A Bittersweet Life (2005)

https://www.youtube.com/watch?v=oc0x-jiewTE

Cependant, The Last Stand n’a pas réussi à convaincre et a réalisé une performance décevante. Le film, d’un budget de 30 millions de dollars a rapporté 37,1 millions de dollars au box-office. Le week-end d’ouverture du film s’est avéré catastrophique.

De nombreux acteurs reconnus comme Song Kang Ho (films de Boon Joon Ho. Meilleur acteur à la Korean Film Award et au Festival de Deauville en 2003), ou encore Lee Byun Hoon ont joué dans les films d’au moins un de ces trois réalisateurs.

Je voulais également vous parler, pour finir, d’un dernier réalisateur coréen à s’être illustré dans nos festivals européens. Il s’agit de Hong Sang Soo, dont le premier film en 1996, le Jour où le cochon est tombé du puits a été récompensé aux festivals de Rotterdam et Vancouver. (Pour le nom le plus drôle. Non, c’est une blague ~)

Son film, Pouvoir de la province de Kangwon a eu le prix Un Certain Regard du Festival de Cannes 1998, au pareil de HA HA HA en 2010.

HAHAHA
HAHAHA

Récapitulons tout ça : l’industrie cinématographique sud-coréenne a connu une histoire mouvementée dû aux aléas historiques et politiques du pays et une activité tardive, dû probablement au fait que le pays se situe loin géographiquement du lieu de naissance du cinéma : la France.

Voilà, voilà, l’histoire, la politique et l’économie bête et méchante, c’est fini ! Mais vous n’en avez pas encore fini avec moi car je reviendrais (non je ne ferais pas cette- POUR VOUS JOUER UN MAUVAIS TOUR) pour vous présenter une petite dizaine de films un peu plus actuels et avec des acteurs plus jeunes (tels que Lee Jong Suk dont la tête s’affiche en gros sur mon écran par un bug de VLC xD)

Léa.


Source : Inglobal

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