Les films partie 1

Bienvenue à toutes et à tous sur cet article écrit par une nouvelle chroniqueuse ! Le sujet portera sur le cinéma coréen et sera divisé en plusieurs parties ! Aujourd’hui, l’histoire de cet art car une activité cinématographique n’est jamais dissociable d’un contexte. Un film peut être un gros gadin à une autre époque et un chef d’œuvre dans une autre.

Donc l’industrie cinématographique coréenne est très marquée par son histoire, autant militaire que politique ainsi que par les nombreuses censures.

Petit rappel historique : la naissance du cinéma est répertoriée en 1895, grâce au cinématographe inventé par les Frères Lumière (nationalité cocorico-ienne) (Bon, je résume ça très vite fait.)

First-Korean-Film-Righteous-Revenge
The Righteous Revenge

Le premier film coréen considéré comme tel est un kino-drama produit en 1919 et s’appelle The Righteous Revenge (Uirijok Gutu). Les acteurs jouaient l’histoire sur scène en direct tandis qu’un film était projeté en arrière-plan. Malheureusement, ce genre n’a pas perduré très longtemps face aux films étrangers et par les premiers films coréens muets. D’ailleurs, le premier film de ce genre remonte à 1923.

Avant diffusion, tous les films – coréens comme étrangers – devaient être approuvés par le gouvernement colonial et la police japonaise était présente durant les diffusions. Dans les années 1930, ces restrictions se sont aggravées et la majorité des films montrés étaient des films de propagande.

La distribution et la diffusion étaient exclusivement réservées aux Japonais et une seule salle de cinéma appartenait à un coréen : le Dangsonsa Theater, qui est à l’origine du film The Righteous Revenge en 1919.

Il y avait une grosse censure du gouvernement japonais pendant toute son occupation (1903 à 1945 soit 42 ans!) et seulement 157 films ont été produits dans cette période. (Pour donner un comparatif, dans les années 20 aux États-Unis, il y avait 800 films par an !). 30 films ont été produits entre 1940 et 1945 et 21 étaient des films de propagande en faveur de l’armée japonaise.

Pas un seul film produit avant 1934 n’existe dans sa version d’origine : tous ont été coupés, altérés, détruits ou mal archivés.

En 1942, les films en langue coréenne ont été interdits par le gouvernement colonial ! (Étape pour détruire l’identité d’un pays : Trophée débloqué!)

Au sortir de la guerre de Corée, dans les années 50, la majorité des infrastructures cinématographiques ont été détruites et des années de répression du gouvernement colonial ont mises à mal cette industrie naissante.

Syngman_Rhee,_1951-May-1
Syngman Rhee

Grâce à Syngman Rhee, le premier président coréen (1948-1960), l’industrie redémarre et la production de films augmente rapidement, passant de 5 films en 1950 à 111 en 1959 ! Tout s’améliore, autant la technique que les productions : c’est « l’âge d’or » du cinéma coréen !

C’est en 1955 que sort le film considéré comme le premier blockbuster coréen : Chunhyang-jon.

chunhyang_2000
Affiche internationale

Pour citer un autre film important de cette période, sorti en 1960, ce serait The Housemaid (Hanyo) de Kim Ki-Young. Ce thriller, considéré encore aujourd’hui comme « l’un des meilleurs films coréens de tous les temps », raconte l’histoire d’une domestique qui va séduire le maître de sa maison et va ensuite vouloir détruire sa famille.

Mais cette période a pris brutalement fin en 1962 à cause, en partie,  du coup d’état militaire en 1961. Le nombre de sociétés de production passe de 71 à 16 en un an.

Il y a également une censure de plusieurs sujets jugés inadaptés : le communisme, les films à caractère obscène, les films portant préjudice à l’image et à la dignité du pays… Les scénarios sont faibles et la technique l’est tout autant. De plus, l’arrivée de la télévision dans les foyers entraîne une chute d’un tiers de la fréquentation des salles entre 1969 et 1979. (Aux USA, cette crise s’étale de la crise de 1929 aux années 50.)

Pour redynamiser l’industrie cinématographique locale, le nombre de films hollywoodiens diffusés par an est strictement défini.

C’est dans les années 1980 que le gouvernement assouplit les régulations en vigueur et relâche un peu son contrôle sur l’industrie cinématographique.

La fréquentation des salles n’est cependant toujours pas faramineuse mais le cinéma coréen commence à être reconnu à l’international. Par exemple, Kang Su Yeon remporte le prix de la meilleur actrice à la Mostra de Venise en 1987 pour son rôle dans Surrogate Mother.

Affiche promotionnel de Surrogate Mother
Affiche promotionnelle de Surrogate Mother

En 1988 (naissance de notre G-Dragon national ! -pardon-), les sociétés de films étrangères sont autorisés à s’implanter dans le pays et pour la première fois, les films coréens sont à égalité avec des films étrangers sur leur propre territoire. Malgré qu’il y ait eu un impact considérable sur la part de marché des productions nationales suite à cette autorisation.

La première société à s’implanter est la United International Pictures (UIP) en mars 1988 (producteur de Mission Impossible : Rogue Mission en 2015). S’ajouteront 20th Century Fox en Août, Warner Bros en 1989 et Disney en 1993 (Ils doivent être contents vu l’immense succès de La Reine des Neiges ! -coucou Heechul-).

Malheureusement, ces implantations ne sont pas du goût de tout le monde. Des manifestations sont organisées par les professionnels de l’industrie et la presse sud-coréenne boycotte la publicité des studios hollywoodiens.

Petite anecdote pas marrante : ces opposants aux films étrangers ont même été jusqu’à lâcher des serpents (non venimeux heureusement) dans les salles de cinéma pour exprimer leur mécontentement (parce que c’est trop simple d’envoyer un fax).

Avant que la permission ait été donnée aux studios étrangers de s’implanter, les distributeurs avaient l’autorisation d’importer un film étranger tous les quatre films coréens produits. Le bénéfice effectué par ces films importés était ensuite réinjecté dans la production de films coréens. Mais les distributeurs investissaient cet argent dans l’immobilier, au détriment de la qualité des films coréens. Le quota de 1 film étranger pour 4 films était respecté mais devant la qualité des blockbusters américains, la mauvaise qualité de ces films coréens à bas coût n’a eu aucune chance.

En 1993, autre réglementation pour protéger l’industrie nationale des méchants hollywoodiens. Elle oblige tous les cinémas du pays à diffuser au moins 146 jours par an des productions coréennes. Malheureusement, ça n’empêche pas la baisse des parts de marché des films nationaux dans les années suivantes (16% en 1993). A la fin des années 1990, le nombre de films coréens sortis sur les écrans est 6 fois plus faible que le nombre de films étrangers (42 films coréens contre 233 films étrangers en 1999).

Parts de marché en terme d'admissions des films diffusés en Corée entre 1985 et 1993
Parts de marché en terme d’admissions des films diffusés en Corée entre 1985 et 1993

1992 marque l’année de la première participation d’un chaebol (conglomérats sud-coréens) au financement d’un film. Et c’est….? Samsung (!) qui finance 25% de Marriage Story de Kim Ui Seok. Ce film est un véritable succès et, à l’époque, il s’agit du troisième plus grand succès en salles de tout l’histoire du cinéma coréen.

Daewoo et Hyundai s’impliquent également dans le milieu du cinéma au début des années 1990 mais la crise financière de 1997 voit se retirer de nombreux chaebols (dont Samsung) pour se recentrer sur leurs activités principales.

Les chaebols ont complètement transformé la structure de l’industrie du film en Corée car ils se basent sur le systèmes d’intégration verticale des grands studios hollywoodiens des années 10. Soit prendre part à la production, la réalisation, la distribution et l’exploitation (rajouter les sorties vidéos). Ces chaebols possèdent également des chaînes nationales de multiplexes. Le nombre d’écrans a également augmenté, passant de 588 en 1999, à 1 451 en 2004.

En 2013, CJ, Orien et Lotte étaient les acteurs les plus importants de l’industrie cinématographique sud-coréenne et représentaient à eux trois 80% du marché. (THE BIG 3 du cinéma!)

Dans les années 2000, avec l’importance grandissante des nouveaux médias, les sociétés de télécommunication – surtout les opérateurs de téléphonie – ont commencé à investir.

Outre une participation économique, l’État coréen s’est doté d’une structure propre pour promouvoir le cinéma sud-coréen : le Korean Film Council (KOFIC). Lancée en 1999, son rôle est de dynamiser et de protéger l’industrie cinématographique coréenne autant sur le territoire qu’à l’étranger. Le KOFIC est dirigé par neuf commissaires nommés pour trois ans par le ministère de la Culture, des Sports et du Tourisme et la majorité d’entre eux sont des professionnels du milieu du cinéma.

(Je vous fais part d’une blague qui m’a été faite sur le nom de cette société : si on enlève les voyelles, ça fait KFC. Voilà, c’est tout. Ah si, on pense sérieusement que Onew en est le directeur et qu’il veut être incognito xD)

Logo de la KOFIC

Le KOFIC soutient l’industrie financièrement mais offre également son appui aux productions indépendantes, aux salles d’art et d’essai, aux festivals internationaux… Elle sponsorise et organise également des festivals et publie des ouvrages en anglais.

Le KOFIC propose également aux sociétés étrangères souhaitant tourner en Corée une subvention couvrant 25% des dépenses et appuie les projets de coproductions. En 2012, elle a ainsi épaulé 33 coproductions entre la Corée et les États-Unis, la France, le Japon et la Chine (Transformes 2, par exemple et, plus récemment, Avengers 2).

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Affiche américaine

A la fin des années 1990, la part de marché des films coréens sur le territoire national n’atteint que 25%. Cependant, l’année 1999 marque un tournant décisif avec la sortie de Shiri. C’est l’un des premiers films d’action à gros budget : 8,5 millions de dollars dont une partie fut financée par Samsung.

Shiri a attiré 6,2 millions de spectateurs (2,4 millions de tickets vendus rien qu’à Séoul), battant ainsi le record détenu par Titanic avec 4,3 millions de spectateurs.

Grâce à des films à succès comme Joint Security Area en 2000 ou Friend en 2001, la part de marché des films coréens augmente beaucoup, s’élevant à 50,1% en 2001.

Parts de marché en termes d'admissions des films diffusés entre 2000 et 2009
Parts de marché en termes d’admissions des films diffusés entre 2000 et 2009
Classement des plus grands succès en salles en Corée du Sud (à la date du 7 avril 2013
Classement des plus grands succès en salles en Corée du Sud (à la date du 7 avril 2013

Voilà, on s’arrête là pour aujourd’hui parce que c’est déjà bien trop long ~ J’espère que ça vous a plu (et pas trop assommés.) La suite sera plus parlante car je vous parlerai de la reconnaissance des films coréens à l’international.

Léa ~

Source :http://www.inaglobal.fr/cinema/article/le-cinema-en-coree-du-sud-histoire-d-une-exception-culturelle

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